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Krouminie...
Dimanche 14.
Krouminie.
Le soleil de Sedjenane est à son comble.
Le mystère se lève sur le BTS…après tout pourquoi pas.
C'est le parc-king d'un café restaurant qui a du avoir son heure de
gloire et qui, comme une infinité d'autres, a du mal à résister à la
désaffection et au laisser - aller. Des amas de briques traînent un peu
partout, les papiers sont poussés du pied par les premiers clients…
mais qui donc les ramasserait pour les mettre dans la poubelle…
au fait quelle poubelle, où elle est la poubelle, où elles sont " les "
poubelles ?
Des vols caquetant de cigognes frisent les toits. Au - dessus de la gare
un grand huit
de wagonnets rouillés, vestiges des mines de phosphate, et l'incroyable
décor de dizaines
de nids de cigognes, posés sur les wagonnets, piqués sur les arceaux
métalliques…
décor hitchcockien pour un suspense ultime. Les gamins m'accompagnent
dans ma chasse photographique…c'est Yves qui serait content !
  
Les grands oiseaux blancs résistent à mon intrusion jusqu'aux derniers
mètres et s'envolent
dans d'immenses vols planés en caquetant leur courroux.. !
Le bâtiment de la gare, surfilé de bleu tunisien, est squatté par
plusieurs couples.
Un immeuble en construction me permet de monter sur une terrasse pour
dominer un nid.
Les maçons du dimanche sont tellement fiers de l'intérêt que suscitent
leurs cigognes
qu'ils me guident vers le meilleur angle…Ce sont des moments rares..
mais il faut les quitter !
La route est superbe, région hors du commun, mamelonnée à l'infini,
couverte de grands eucalyptus, d'acacias odorants, de groupes de chêne
liège.. Des gamins vendent des cagettes de fraises nouvelles, des
poteries rustiques, des paniers un peu trop prisunic…
A un détour de route un flash époustouflant, une plaine d'eau piquetée
d'arbres
à moitié immergée…
Un lac artificiel est en montée d'eau et transforme la région de
Nefza, le paysage devient irréel, mi-eau mi-terre, à la recherche
d'un nouvel équilibre. Un vieux couple sur un rocher regarde
la nappe qui gagne, des murs émergent, peut être leur maisonnette
ensevelie…Deux bergers d'un autre temps, couchés dans un gazon de
fleurs, imaginent leur jeunesse là sous l'eau qui bientôt aura occupé
tout l'espace !
  
Arrêt en ville, courses du matin…bain d'ambiance.
On est déjà bien loin de Tunis. A la sortie de ville, soudain, sous les
vagues ombrages d'un bois de chênes un marché campagnard, curieusement
impromptu à l'écart de tout…arrêt photos !
Et la route plonge sur Tabarka dans un cadre de montagne
exceptionnel . Le golfe est tracé idéalement, le port se dessine sur le
bleu de la mer…On comprend qu'ici l'histoire s'est faite
de conquêtes et reconquêtes . Tour du port, tour de ville…pied à terre.
" Il fume la chicha ! "
le groupe est jeune, sur la terrasse du café andalou.. ils sont
plusieurs à tirer sur la pipe
de la chicha, le narguilé tunisien. L'intérieur du café est saisissant
d'atmosphère, cent pour cent d'hommes affairés dans d'interminables
parties de cartes.. Le plafond regorge de marionnettes et pantins
articulés. " Si tu veux voir, ici, il y a toute l'informatique "
L'invite est aguichante,
le magasin minuscule, mais c'est l'occasion… " Moi je suis retraité,
c'est mon fils qui fait le magasin, moi j'étais petit fonctionnaire… "
Et comment ça marche l'informatique ici ? "
Ca va, ça va ! Le plan il fait des clients ! " Le plan c'est une aide
gouvernementale pour promouvoir un ensemble pc+imprimante à 999 DT soit
900€… " Oui, c'est bien, mais la marge elle est pas bien ! " Allez tu
vas pas te plaindre, toutes les options c'est pour toi ! "
Zeh oui, ti as compris ! "…Bonne réussite !
Suzy est déjà en train de négocier son rest'à bord…poulet, frittes,
salades…on emporte !
C'est tellement beau au bord de l'eau dans le calme du port !
Longue sieste, après tout c'est dimanche, mise en Web du récit début de
voyage.
Des groupes de jeunes ont envahi les rues, le port fourmille d'une
jeunesse multi-visages.
" Il faut voir la route touristique " nous a t-on conseillé.
Alors, allons voir…celle de l'ouest vers l'Algérie, elle grimpe
fortement en panorama sur le golfe de Tabarka. Superbe panoramique
piqueté de maisons " bourgeoises " en constructions inachevées. Des
enfants dévalent la côte sur des planches à roulettes bricolées, des
fillettes proposent des coquilles de mer.. " 1 dinar.. " Non, c'est
trop…à cet âge on marchande déjà…mais ça ne changera pas ce sera 1
dinar…ou ce sera pas !
Alors, allons voir…celle de l'est, une chaîne ininterrompue d'hôtels ,
immense champ de vacances, et pourtant c'est pour Tabarka qu' a été
inventé le slogan " pour ne pas bronzer idiot ". Bof !
Tabarka c'est la rue, les cafés bondés, les joueurs de cartes sous les
ombrages de la place …
Le port commence sa somnolence lorsque nous le regagnons avant le resto…
Le " gardien du port " nous guide fooooooortement vers un resto,
justement celui que nous avions éliminé dans notre balade choix. Il faut
faire du forcing pour se détacher..
Ce ne sera pas le repas tunisien du siècle, mais nous sommes dans un
ville habituée aux visages pâles... pour l'authenticité on verra plus
loin !
Un fourgon vw français est venu se coller…à au moins 30 mètres de nous.
Nous sommes donc 2 camping-cars !
Lundi 15.
Réveil en douceur avec les conciliabules des pêcheurs du chalutier
proche…la vie quoi !
Le port est étonnamment calme. De gros nuages cachent les montagnes..
c'est là qu'on va !
Petite causette avec nos compagnons d'un soir, des 69, dans un combi non
aménagé.
Ils font un peu le même circuit, de ports de plaisance en campings pour
bénéficier des commodités…
Détour aux " Magasins généraux " un des rares magasins dépôt de vin…
c'est là-bas au fond derrière le pilier..
Et on prend le chemin de la montagne. Verte campagne, verte
montagne…verte et jaune
des fleurs des champs, des mimosas et des genêts…Vert terne des forêts
de chênes lièges
qui déboulent à l'infini. Des troupeaux de chèvres s'accrochent dans les
rochers, des troupeaux de moutons ondoient dans les prairies..
Sur le papier Ain Draham est attrayant, sur le terrain plutôt
décevant. Où est - elle l'architecture de montagne image-symbole…peut -
être dans les résidus de ce que furent les résidences européennes. Mais
le délabrement, ici aussi, fait son effet. Même la fontaine tarabiscotée
de pierre et de liège n'y résiste pas. C'est lundi jour de marché.
Plongée dans le monde rural, celui-là il ne change guère. Ambiance de
naturel, bien loin des frasques touristiques.
  
Des tas de mots on décrit ces marchés, il faudrait en trouver d'autres
ou tout simplement prendre et reprendre les mêmes…pourquoi en changer ?
La route continue au - dessus du village,
se perd quelques instants dans
les pins.. Juste en dessous, un cimetière " européen " ;
des tombeaux
abattues, des pierres éparses, un troupeau de chèvres qui broutent entre
herbes folles et détritus. Des tombes ouvertes se remplissent de
cannettes de bière, de bidons de coca-cola. La phobie religieuse est
passée par là. Les biquettes n'en ont cure, le berger
sur une margelle de marbre rêve d'un paradis. Celui de quel Dieu ?
la suite c'est par ici
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